
39°C à l’ombre depuis presque une semaine… Le ciel est de plomb, l’air est brûlant, et on va voir ensemble comment ça se passe concrètement au jardin-forêt. Rassurez-vous, pas de pression : l’idée ici est d’observer la nature pour comprendre comment elle s’auto-régule, même quand le thermomètre s’affole.
Gérer la canicule au jardin-forêt
Pour lutter contre la canicule, il faut d’abord comprendre un phénomène tout simple. Quand le soleil cogne sur un sol mis à nu — ou sur un champ de blé tout jaune, clair et sec en plein été — qu’est-ce qui se passe ? Le soleil (« le cagnard », comme on dit dans le sud !) tape, le sol surchauffe et renvoie une chaleur massive vers le ciel. Ce qui a tendance à bloquer la pluie et à créer un effet anticyclonique. En plus, quand la pluie finit par tomber sur un sol nu, elle ruisselle et repart directement à la mer. Des millions de litres qui auraient pu tempérer le climat local disparaissent.

En forêt, c’est tout l’inverse : le soleil tape sur la canopée, l’ombre protège le sol et l’eau s’infiltre au lieu de fuir.
Avec le jardin-forêt, on recrée exactement ce bénéfice thermique. La seule différence, et elle est de taille, c’est qu’en plus on produit des fruits et des légumes en abondance ! En gros, la recette magique contre la canicule est d’une simplicité enfantine : il faut faire de l’ombre.
Le match du plein soleil VS la mi-ombre
Voyons concrètement la différence sur le terrain entre les plantes restées en plein soleil et celles qui profitent de la fraîcheur des arbres.
Les tomates : du simple au double

Tomates en plein soleil

Tomates à mi-ombre
- En plein soleil : dans nos associations de légumes exposées plein pot, les tomates n’ont pas énormément poussé. Le feuillage est relativement grillé et la plante stresse.
- À mi-ombre : juste à côté, les tomates se portent à merveille. Elles demandent beaucoup moins d’arrosage, affichent de superbes fruits sur toute la hauteur et grimpent facilement à plus d’1m80.
Chayotes et petits fruits face à la sécheresse
Les chayotes
À l’ombre complète, leurs feuilles sont grandes, larges et d’un vert foncé magnifique. En plein cagnard ? Le feuillage est tout petit, jaunâtre et complètement grillé sur place.
La Tayberry (framboisier grimpant) et les ronces sans épines
En plein soleil, les mûres dessèchent, deviennent molles, violettes ou se couvrent de taches blanches. À mi-ombre, les baies sont superbes, juteuses et la productivité est au rendez-vous.

Tayberry en plein soleil

Tayberry à mi-ombre
Les mûriers-ronces
Comme les tayberries et les framboisiers grimpants, les ronces sans épines supportent très mal le plein soleil, comme on peut le voir sur les photos comparatives.

Kiwi en plein soleil

Kiwi à mi-ombre
Le kiwi
C’est sans doute le plus fragile face aux rayons directs et au vent chaud. En plein soleil, il a perdu tout son feuillage en seulement deux jours. À l’ombre, il respire et reste bien vert.
La vigne : notre meilleure alliée parasol

Si vous cherchez la plante idéale pour protéger vos petits fruits (framboisiers, ronces, kiwis), c’est la vigne. Choisissez de préférence des variétés résistantes aux maladies et bonnes au goût (et si possible sans pépins, tant qu’à faire !).
La vigne possède une résistance naturelle incroyable à la sécheresse. Son feuillage dense forme un bouclier thermique parfait. À l’ombre du raisin Einset, par exemple, le haricot vivace Orteil de prêcheur et la liane de Madère s’épanouissent sans sourciller, protégés du vent et du dessèchement.
La culture multi-étagée pour l'arrosage sans effort
L'avantage de cultiver sur plusieurs hauteurs (la culture multi-étagée), ce n'est pas seulement de créer cette mi-ombre salvatrice. C'est aussi une façon géniale d'optimiser l'arrosage.
Lorsque vous arrosez vos légumes en surface, l'eau excédentaire qui s'infiltre en profondeur n'est pas perdue : elle est immédiatement récupérée par les racines des vignes et des grands arbres voisins. Rien ne se perd, tout s'auto-régule.
Comment faire face au changement de climat ?
Choisir les plantes, mycorhizes, associations et stratégies adaptés au changement climatique.

Pour la France et l’Europe, ce sont les plantes du bassin méditerranéen ou des zones d’Amérique du Sud ou d'Orient qui sont déjà acclimatées aux fortes chaleurs, en espérant que ces plantes s’adaptent aux autres conditions.
Dans le sud (Espagne, Maroc, Portugal, région PACA), ces arbres de climat sec survivent actuellement, mais ne produisent plus rien sans arrosage, alors qu'en région française, etc. moins chaude, ils produiront sans arrosage s’ils arrivent à s'acclimater au gel tardif et au climat local.
Je pense qu'il faudra adapter les cultures en fonction de l’évolution du climat, nous n’aurons pas trop le choix vu que les « con-sot-mateurs » et leurs « bergers capitalistes » n’ont apparemment aucune envie de changer leurs habitudes de con-sot-nation.
Donc, c’est à la vie et à l’intelligence de s’adapter à la dictature de la masse, aussi inconsciente, égoïste et stupide soit-elle ! Il en va de la survie des humains qui survivront à l'inconscience de s’adapter comme le fait l’ensemble des insectes et des animaux sauvages actuellement.
Les grands arbres comme l’amandier, les agrumes, l'azerolier, le caroubier, le châtaignier, le cornouiller mâle, le mûrier « morus alba et nigra » le pacanier (noix de pécan) etc.
Les plus petits arbres comme l’abricotier, le goyavier du Brésil, le grenadier, les figuiers, les kakis de Provence, le néflier du Japon, le noisetier, le pêcher, les pistachiers, le palmier abricot (voir tout ce qui peut pousser dans mes livres), etc.
Les lianes comme la vigne, la bignone, le jasmin, l’akébie, les haricots d’Espagne comme l’orteil de prêcheur, ou l’églantier ont une bonne résistance à la chaleur et à un manque d’eau et permettent une ombre soulageante à tous les autres fruits et légumes en dessous.
Et les légumes très résistants comme l’ail éléphant d’Orient, l’oignon d’Égypte, les câpres, certaines cucurbitacées, certaines variétés de tomates quand on les laisse au sol sont très résistants sans aucun arrosage, les pommes de terre primeur que l’on récolte en juin avant les fortes chaleurs, la mâche et les blettes et épinards, qui poussent de l’automne au printemps et évitent ainsi les fortes chaleurs, etc. Si on arrive à vivre au Mali ou au Maroc, on devrait arriver à survivre en France ? :-) Si tant est que comme eux, on ait l'humilité de s’adapter au climat, plutôt que l’inverse, d’essayer de forcer le climat à s’adapter à nos cultures ! Comme le fait l'agropétrochimie, productivito-capitaliste.
Vous pouvez retrouver toutes les variétés les plus résistantes de tout ce qui peut pousser sous nos climats avec les pépinières qui les vendent dans le livre «Variétés fruitières pour des jardins-forêts productifs »

Et le 9 strates de toutes les plantes qui peuvent pousser chez nous dans l’encyclopédie « Permaculture en climat tempéré ».

Besoin de votre retour : cela fait plus de 10 ans que j’aimerais écrire un livre sur comment créer des jardins-forêts en climat méditerranéen et subtropical sec. Combien d’entre vous seraient prêts à acheter ce livre si je l’écris ?










