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Même en centre-ville, on peut créer un balcon nourricier. La permaculture urbaine permet de transformer les petits espaces en zone de production et même faire un micro jardin-forêt en pot que l’on pourra planter le jour où l’on aura enfin un terrain.

Découvrez dans cet article comment démarrer facilement votre jardin-forêt en pot ou en balcon.

La permaculture urbaine

La permaculture urbaine permet de créer des systèmes de culture en pleine ville, balcon, terrasse, parking, toiture, etc. La culture en pot – en conteneur, dans des sacs, etc. – permet de créer des micro potager urbain où l’on va faire nos premières expérimentations de culture et ramener de la biodiversité autour de soi.

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Le jardin-forêt en pot

En octobre 2017, à la suite des tests de culture en pots “compétition de couvres-sol” où diverses plantes vivaces couvre-sol étaient mises en compétition pour voir qui éclate qui ? (Voir la série de vidéos compétition couvres-sol ICI)

Franck avait créé un jardin-forêt en pot pour voir si l’on pouvait faire cohabiter dans un même conteneur un arbuste, des plantes grimpantes et des couvres-sol annuels et vivaces. Il a suivi cette association et 7 ans plus tard, voila la suite.

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Pourquoi faire des cultures en pot ou en bac ?

  • Se protéger des polluants : beaucoup de terres citadines sont pleines de métaux lourds et de polluants divers. La culture en bac et l’aquaponie deviennent alors la seule solution de culture “bio”.
  • Produire des aliments bio : fruits, légumes et herbes aromatiques à portée de main tout au long des saisons.
  • Favoriser la biodiversité urbaine : attirer abeilles, papillons.
  • Faire des tests et expérimenter : vous voulez acheter un terrain, en attendant de l’avoir on peut déjà faire des tests avec des plantes et le jour J, nos expérimentations pourront être plantées en pleine terre.
  • Profiter d’un espace ressourçant : jardiner réduit le stress et apporte bien-être.

Les plantes que l’on peut cultiver jardin-forêt en pot

Arbres ?

Il faut éviter les arbres à racine traçante (cerisier, prunier, figuier) et les arbres vigoureux. Il faut plutôt choisir des arbres nains (ex : pommiers greffés sur M27/Pajam/Pardis, poiriers greffés sur cognassier ou pyrodwarf. pêcher nain, etc.). Ici c’est un pommier “Gold rush ou délice d’or” greffé sur M27.

J’ai fait des tests 3 années de suite avec des cerisiers nains et pruniers, sans succès (les arbres sont morts). Alors que mes tests avec poirier, pommier, mûrier nain ont assez bien fonctionné. Mais peut-être que c’est le hasard et que vous avez des cerisiers nain en pot qui se portent très bien et des pommiers nains qui sont morts (dites le nous dans les commentaires).

Pour qu’un arbre pousse bien sans prendre tous les nutriments et toute l’eau aux autres plantes, je l’ai planté dans un pot de diamètre 30 cm et autant de hauteur. dont j’ai coupé le fond comme on peut le voir sur la photo. J’ai même ajouté un tube de pvc dans la photo, mais qui c’est avéré facultatif. Le but est que les racines soient forcées d’aller vers le bas du conteneur.

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Lianes vivaces ou annuelles ?

Idem, il ne faut pas mettre des lianes trop volubiles, car sinon, elles prendront toute l’eau et tout l’espace. Il faut donc éviter les vignes vigoureuses, les kiwis, chayotes, etc.

Les vivaces : ici, dans cette association, j’ai mis plusieurs lianes vivaces : une mûroise “buckingham” qui a survécu depuis le départ, mais avec ses cannes qui font jusqu’à 4 m de long, elle est difficile à conduire. Les haricots vivaces par contre n’ont tenu que 3 ans, les tomates cerise et des haricots demi-rame.

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Couvres-sol et petits fruits

Au fil des années, j’ai cultivé de nombreuses plantes dans cette culture.

Vivaces : la coriandre mandarine houttuynia cordata qui a tenu jusque là, les fraisiers qui sont morts au bout de 2 ans (mais je n’avais pas beaucoup arrosé) ; céleris vivaces qui ont tenu 3 ans, le chou vivace qui est resté 3 ans, la monarde cambridge scarlet qui est resté 2 ans.

Les annuelles : les tomates cerise, basilic, haricots nains et demi-rames, le pourpier d’été

Le sol ??? Qu’est-ce que l’on doit mettre dans le pot pour que ça pousse bien ?

Si vous voulez avoir de gros rendements sur de petites surfaces, il faut impérativement que le sol soit riche, mais pas trop !

Équilibre Carbone Azote :

C’est l’équilibre du carbone et de l’azote qui est un des facteurs le plus important pour la santé des plantes et du sol. Cela veut dire qu’il ne faut pas mettre trop d’engrais azoté (fiente de poules, fumier, composte, etc.) par rapport au carbone (matière organique décomposée et noires comme le terreau, la tourbe, etc.)

Créer la vie dans le sol :

Un des autres éléments fondamentaux de la réussite, c’est la vie que l’on va créer et apporter dans ce pot, à savoir les vers de terre, collemboles, arthropodes…, que l’on peut facilement trouver dans un compost ménagé ou dans la litière de sous bois. Ils vont créer le vrai engrais pour les plantes et apporter de l’oxygène dans le sol en profondeur. Donc on ne donne pas à manger aux plantes, on donne à manger au sol et c’est le sol qui nourrit la plante.

Tempérence :

Il est très important aussi de protéger ce mini écosystème des extrèmes. Si le plastique noir du pot est en plein soleil, le sol dans le pot peu monter à 60°C, même si on a bien arrosé ! Mettre des canices, du carton ou n’importe quoi qui puisse empécher que le soleil ou le gèle ne modifie la température de manière trop violente pour les plantes

La rétention d’eau :

Dans les bacs de culture, en général, la rétention de l’eau est moins bonne et le sol se désseche plus vite. La matière qui a la meilleure rétention de l’eau, c’est la Bentonite (sorte d’argile utilisée dans la litière pour chat ou dans le bâtiment). Le fait d’ajouter de la bentonite (10 à 15 % du volume total de substrat) permet d’optimiser chaque arrosage et la santé des plantes, car l’argile abrite aussi des bactéries. Inutile d’utiliser de la bentonite si la terre que vous avez utilisé est très argileuse, mettez la en grumeaux fin mélangé au terreau horticole et au compost.

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Le critère d’arrosage :

C’est l’état des plantes. En été quand les feuilles des plantes pendouillent le soir, c’est que c’est trop tard et qu’on aurait dû arroser la veille. En fonction du nombre de plantes qu’on a mis, de l’exposition et de la température ambiante, il faudra arroser plus ou moins (moi, c’est une à deux fois par semaine, si il fait très chaud)

Le mélange que j’ai fait au départ

  • 30 % de terre du jardin qui était assez drainante
  • 30 % de terreau horticole
  • 10 % de bentonite
  • 20 % de compost bien mûr
  • 5 % de fiente de poules
  • 5 % de broyat en surface pour mulcher

L’entretient du sol dans le pot

Chaque année, en automne hiver, comme dans une forêt, il faut apporter des matières carbonées en surface (broyat, feuilles mortes broyées) et des matières azotés pas trop solubles (fiente de poule, de pigeons, chauve souris, guano marin, compost ménager). Ces apports en surface vont nourrir toutes les bestioles qui vivent en dessous.

Exposition 

En fonction de la région, il faut s’adapter et faire des tests. Certaines plantes comme les tomates et les haricots aiment bien le plein soleil et protègent les autres, mais s’il fait plus de 30°C, les plantes grilles. Dans ce cas, une exposition mi-ombre est beaucoup mieux, soit orienté vers l’est pour que les plantes aient le soleil du matin, mais pas du soir.

Dans la vidéo  « Permaculture urbaine : “jardin-forêt en pot” 7 ans plus tard », on découvre comment un petit espace a évolué en mini-écosystème nourricier.

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Après 7 ans, un jardin-forêt en pot devient un mini-écosystème :

  • Les plantes se renforcent mutuellement.
  • La densité végétale est optimale.
  • Le rendement en fruits et légumes augmente.

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